La ROYAL ENFIELD de "Meurtres au Paradis"

15/05/2017

En vadrouille à Jarry, je tombe nez à... phare avec la célèbre moto de la série anglaise "Death in Paradise" !


Vous connaissez probablement la série policière franco-britannique "Death in paradise" créée par Robert Thorogood et diffusée depuis 2013 en France sous le nom de "Meutres au paradis". Elle est entièrement tournée en Guadeloupe et prend chaque été ses quartiers du côté de Deshaies.

Dans cette série, l'agent de police Dwayne Myers circule à bord d'une moto ROYAL ENFIELD Electra noire avec un side watsonian rouge et blanc (le side a été changé à plusieurs reprises selon les saisons). Et c'est en rendant visite au représentant de cette marque en Guadeloupe que je suis tombé sur cette petite merveille, un peu esseulée sans son fidèle side-car (ci-contre)...


L'occasion pour nous de (re-)découvrir ces deux marques :

ROYAL ENFIELD

Royal Enfield est l'une des plus anciennes marque de motos puisqu'elle fut lancée en 1901, en Angleterre, dans le Worcestershire. Une cinquantaine d'années auparavant, les premiers ateliers de la famille Townsend s'y étaient installés pour y produire des bicyclettes et avaient connu le succès grâce à la résistance réputée de leur cadre en losange. Ce sont d'ailleurs ces bicyclettes qui portèrent en premier le nom de ROYAL ENFIELD.

La motorisation comença avec la production de tricycles et de quadricycles durant l'année 1899, et la première motocyclette vit le jour en 1901. Les modèles se développèrent alors au fil des décennies, s'adaptant tantôt aux besoins de la société civile, tantôt aux besoins de l'armée britannique : pendant le Seconde Guerre mondiale, Royal Enfield a fourni près environ 55.000 motos aux alliés, dont un monocylindre deux-temps de 125 cm3 très légère, la Flying Flea ("puce volante"), qui pouvait être parachutée enfermée dans un berceau en tubes d'acier. Celle-ci contribua fortement à la notoriété de la marque. Ci-dessous une Flying Flea "civilisée" de 1948 :

Un autre modèle contribua à la notorié de ROYAL ENFIELD : en 1932, l'appellation Bullet fut donnée à trois modèles sportifs de 248, 346 et 488 cm3.  La Bullet G2 mise sur le marché en 1948 remporta de nombreuses victoires en enduro, et d'autres déclinaisons encore furent développées jusque dans les années 1960. Ci-dessous un modèle de 1953 :

Malheureusement, à la suite de nombreuses déconvenues financières, l'activité de la marque cessa au Royaume Uni en 1970... 

Mais elle reprit en Inde, où elle était fort appréciée et depuis longtemps : en 1954 déjà, ce jeune état avait équipé ses forces armées de 800 Bullet 350 G2 ! La marque continua donc de s'y développer jusqu'à y dépasser Harley-Davidson en 2014 avec un record de 302.592 unités vendues. Et elle même revenue s'installer à Londres ces dernières années, en y ramenant une partie de son pôle R&D.

ROYAL ENFIELD demeure une marque réputée pour ses motos de cylindrée moyenne, avec des moteurs allant de 350 cm3 à 535 cm3. La 350 Classic reste tout-de-même le modèle le plus vendu. Cette moto n'est certes pas une performeuse, mais elle offre néanmoins de nombreux avantages : élégance d'un autre temps, maniabilité, sérénité et simplicité. C'est la moto des routes départementales qui fait le bonheur de ceux qui ont le temps...




WASTONIAN

Watsonian n'est rien de moins que le plus ancien constructeur de side-cars au monde, fondé par Thomas Frederick Watson, en 1912 ! Et il produit toujours...


Même si les premiers brevets désignant cette « voiturette nouvelle et perfectionnée pouvant être reliée aux bicyclettes ordinaires et motocyclettes » remontent aux années 1880.



Sidecar WASTONIAN pour enfant de 1936

 

Après-guerre, quelque 200 attelages sortaient chaque semaine de l'usine Watsonian. 

Et le side était alors si populaire en Grande-Bretagne, qu'on n'hésitait pas à le transformer en barque, en caravane voire en forge mobile de maréchal-ferrant, comme en attestent les formidables archives britanniques de la compagnie cinématographique Pathé.

Mais nous y reviendrons...